Note d'intention

Un voyage en Afrique fin 2006... Quatre mois passés auprès des Maasaï du village de Monduli Juu en Tanzanie. Quatre mois pour provoquer des rencontres, lier des amitiés, s'attacher à ces vieilles femmes aux lobes d'oreille distendus sous le poids des bijoux, à cette mère de sept enfants, Mama Seita, élément moteur du changement, à ces jeunes filles réfugiées auprès de la matrone de l'école du secteur pour échapper à l'excision...

 

Quatre mois pour apprendre le seul moyen de communiquer avec eux, leur langue véhiculaire, le swahili. Le temps de commencer à comprendre leur culture au-delà des clichés de cartes postales : ainsi ces femmes qui passent la plus grande partie de leur temps à fabriquer des bijoux traditionnels en perles sont en fait d'anciennes exciseuses au chômage.

 

De ces rencontres naît un désir, une envie : celle de témoigner du changement et au-delà, de modifier la vision occidentale de l'excision, perçue comme barbare et incomprise. Cette brutale mutilation est en fait un repère social, et s'il disparaît, il doit être remplacé...

 

Un second voyage en février 2007 pour maintenir le contact, renforcer les liens, choisir nos personnages et obtenir leur accord de figurer dans un film. Nous commençons aussi à tourner pour accoutumer à la caméra, disposer d'une documentation, engranger des plans pour le futur...

 

En août de la même année, le tournage. Un tournage qui prend une tout autre allure que celle envisagée, et dépasse nos attentes. Les personnages de notre film, avec qui nous avons tissé des liens privilégiés, s'investissent dans notre projet. Ce n'est pas un film sur eux, c'est un documentaire avec eux.

 

C'est donc de l'Afrique qui change dont nous voulons témoigner,


d'une Afrique en mouvement,


d‘une Afrique qui cherche ses propres voies de développement social...